Une des premières démarches pour garantir les performances énergétiques d’une maison basse énergie dans nos régions est de minimiser les pertes de chaleur – et ce avant d’avoir recours à tous les autres moyens technologiques disponibles sur le marché.

Il vaut toujours mieux chauffer une maison très bien isolée avec une chaudière au mazout que de chauffer une passoire avec une pompe à chaleur ou des capteurs solaires sophistiqués.

Les pertes par transmission thermique peuvent être réduites par une excellente isolation de l’enveloppe du bâtiment.

Trois paramètres entrent en ligne de compte :

La qualité des matériaux isolants :

Ils peuvent être classés en trois grandes familles :

  1. Les matériaux conçus à partir de produits minéraux (laines minérales, verre cellulaire, vermiculite, perlite,...)
  2. Les isolants à base de matières végétales (liège, fibres de bois ou de cellulose,...)
  3. Les isolants de synthèse (polystyrène, polyuréthane, PVC,...)

Les isolants sont caractérisés par leur conductivité thermique λ (W/m K) ou leur résistance thermique R (m² K/W ; plus le R est élevé plus le matériau est isolant.) ou encore leur coefficient de transmission thermique U (W/m² K). On admet pour les parois des maisons « basse énergie » des valeurs de U inférieures à 0,25 W/m² K.
Il est courant dans les maisons « basse énergie » performantes d’avoir des épaisseurs d’isolant de 15 à 30cm là où les constructions traditionnelles se contentent de 6 à 10cm.

La position de l’isolant dans l’épaisseur du mur est primordiale ; idéalement à l’extérieur dans une maison « basse énergie » pour limiter les ponts thermiques ; une isolation supplémentaire à l’intérieur augmente le confort thermique de l’habitation (la température de confort dépend en effet de celles des parois et de l’ambiance).

Une attention particulière doit être portée aux fenêtres, toitures et sols.

  • Toitures : un toit en pente peut être isolé avec des éléments de toiture isolants autoportants ou avec des matériaux isolants placés entre ou sur les chevrons. Une sous-toiture constitue une couche de protection supplémentaire. Elle retient la poussière, le vent, la neige et les infiltrations d’eau.
  • Sols : les déperditions de chaleur par le sol ne sont pas à négliger, notamment les sols sur terre-plein, en contact direct avec le sable des fondations. Ils peuvent être isolés avec des panneaux imputrescibles et résistants à la compression, placés sur un lit de sable stabilisé, sous la dalle de béton, entre deux couches de protection contre l’humidité.
  • Fenêtres : la fenêtre est, d'un point de vue thermique, le maillon faible de la paroi extérieure. C'est à travers elle que se perd la plus grande partie de la chaleur. Mais, dans le même temps, elle laisse pénétrer le rayonnement solaire qui participe à chauffer le bâtiment et la lumière naturelle qui permet de limiter les dépenses électriques en éclairage). La déperdition de chaleur d'un double vitrage classique est encore diminuée de moitié par l'utilisation d'un triple vitrage à basse émissivité. Le point faible n'est désormais plus la surface vitrée, mais le châssis de fenêtre, ce qui mène à favoriser un nombre restreint de grandes surfaces vitrées plutôt qu'une multitude de petites fenêtres.
    L'utilisation d'un triple vitrage augmente le confort thermique par sa température de surface voisine de l'air intérieur. Le gain énergétique est d'autant plus important si la fenêtre est occultée la nuit par un volet (en effet, un double vitrage qui n'est pas occulté par un volet plein la nuit perd plus d'énergie au total qu'un simple vitrage qui est occulté la nuit).

Les ponts thermiques :

Des ponts thermiques peuvent provenir, d'une part, d'une mauvaise conception des détails et, d'autre part, d'une exécution non appropriée sur chantier. C'est pourquoi une maison « basse énergie » doit être conçue et construite d'une manière méticuleuse (notamment au niveau des périmètres de dalles, des linteaux, des seuils,…). La suppression des ponts thermiques permet de diminuer les pertes de chaleur, mais aussi d'éviter les pathologies dues à la condensation sur les parois froides de l'humidité contenue dans l'air intérieur (moisissures,..).

L'étanchéité à l'air :

Enfin, une bonne étanchéité à l'air augmente le confort, diminue les pertes et évite tout problème de condensation dans la paroi, qui peut provoquer la ruine du bâtiment. Mais surtout, cette bonne étanchéité à l'air garantit le bon fonctionnement de la ventilation mécanique.
Au niveau des vitrages, mieux vaut avoir des châssis fixes. Pour les châssis ouvrants, il convient de privilégier des châssis à triples joints d'étanchéité. Enfin, les vitrages collés sur le périmètre dans les cadres (et non pas simplement calés) éliminent tout passage d'air à travers les parcloses.

Pour notre « maison témoin », nous avons opté pour le système de construction EUROMAC 2 qui semblait répondre à la majorité des critères et offrait une large liberté de mise en œuvre dans le cadre d’une auto-construction.
Ce système est rapide et peut être mis en œuvre par des particuliers avertis et très certainement intéresser les professionnels.
Après une année d’utilisation, les arguments commerciaux avancés se vérifient (absence de ponts thermiques, absence de condensation intérieure, rendements thermiques vérifiés et température de confort agréable, due à l’isolation intérieure supplémentaire).